L’Illustration No. 3788 9 octobre 1915 p. 386

L’Illustration No. 3788 9 octobre 1915 p. 386

Les malheureux Arméniens qui vivent sous le joug turc sont peut-être, de toutes les populations qu’opprime cette guerre, celle qui est la plus cruellement éprouvée. Il semble que leur anéantissement complet soit poursuivi par les Ottomans. C’est la destruction systématique par le fer et par la flamme.

D’après des informations parvenues aux Etats-Unis, où il existe une importante colonie arménienne 450.000 personnes auraient été massacrées ; 500.000 autres seraient réduites à la plus cruelle extrémité , traquées, menacées de mourir de faim comme il est advenu à tout un groupe de ces pauvres gens que viennent de recueillir ceux de nos navires qui assurent le blocus de la côte de Syrie.

Ces malheureux, qui habitaient le vilayet de Latakieh, ont été expulsés en masse des localités, qu’ils occupaient. Comme un troupeau lamentable on les a chasés vers les montagnes, dans le massif du Djebel Moussa, au Nord de la baie d’Antioche.

Au début, les hommes se sont défendus, ont pu échapper à leurs poursuivants et gagner peu à peu le bord de la mer, n’espérant que de là le salut. Mais les munitions bientôt leur manquèrent, – les vivres aussi. Ils allaient ou bien devenir la proie des hordes qui les traquaient ou bien mourir de faim quand ils parvinrent à entrer en communication avec l’un des croiseurs français. Notre escadre vint en hâte à leurs secours et les recueillit, les 12 et 13 septembre dernier, au nombre de 5000 environ. Ils ont été conduits provisoirement à Port Saïd.

Refugies_arméniens_du_Musa_Dagh_sur_un_croiseur_francais_en_1915

L’Illustration No. 3788 9 octobre 1915 p. 386

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